Le maire d'ETTING, pays de Bitche, à l'honneur : un grand bravo pour cette initiative...
[extrait du RL du 1er décembre 2009]
ENVIRONNEMENT lutte contre le gaspillage à etting
Lutter contre la pollution lumineuse, le gaspillage, en éteignant l’éclairage public. Si l’idée semble écologique, elle fait grincer les habitants d’Etting.
Il lui a fallu prendre son mal en patience. Le temps de convaincre une partie de la population et surtout son conseil municipal. En avril dernier, Hubert Hoffmann, maire d’Etting, a enfin obtenu le feu vert pour concrétiser son projet : favoriser le développement durable en luttant contre le gaspillage énergétique. Sa première cible ? L’éclairage public, source de pollution lumineuse.
Quand certaines communes ont participé à l’opération Le jour de la nuit encourageant les foyers à couper leurs lumières, le premier magistrat a voulu aller plus loin. Il y a six mois, il a limité l’éclairage public. «Au départ, on voulait préserver un lampadaire sur deux, mais c’était trop compliqué. On a également pensé à un système équipé d’un détecteur, mais c’était trop coûteux », retrace l’élu.
«C’est inadmissible de gaspiller»
Hubert Hoffmann opte donc pour une solution radicale : éteindre les réverbères dès 23 h 30 pour les rallumer à 4 h 30. Aucune rue du village n’est épargnée. «On avait envie de faire quelque chose pour respecter le Grenelle de l’environnement. Je ne comprends pas qu’on puisse laisser la lumière toute la nuit ! C’est inadmissible de gaspiller », lance le maire.
Pour lui, les effets bénéfiques de cette mesure sont multiples : «pollution limitée, facture d’électricité diminuée de 40 %, davantage de tranquillité…» Le tout sans incidence sur la sécurité. «Le nombre d’infractions n’augmente pas quand l’éclairage est coupé», poursuit-t-il en s’appuyant sur les statistiques.
«Ça fait drôle»
Ces arguments sont loin de convaincre les habitants. Pour eux, la pilule est difficile à avaler. «La première fois, ça faisait drôle… Pour l’instant, il n’est rien arrivé. Mais il y a deux ou trois ans, on a eu de graves inondations en pleine nuit. Si le scénario se reproduit, que va-t-il se passer ? Comment allons-nous nous repérer ? Si quelqu’un traverse la route, on ne le voit même pas… », s’inquiète un riverain. «On se croirait en guerre ! Le maire aurait au moins pu mettre un éclairage plus faible. Il aurait quand même fait des économies. Quand je vois l’argent qui est dépensé à gauche et à droite pour le dépositoire, les fleurs… Quand on lui en parle, il (Hubert Hoffmann) répond : "Les fleurs ça fait beau, les lumières, ça ne sert à rien ". Il aurait au moins pu demander notre avis ! », renchérit une Ettingeoise.
D’autres sont plus résignés. « Je vis seule, ce n’est pas rassurant. Mais on s’habitue à la longue. En espérant que d’autres communes suivent », indique cette habitante.
Malgré le désaveu d’une partie de la population, Hubert Hoffmann ne cédera pas. «Des mécontents, il y en aura toujours. Certains se plaignent parce qu’ils avaient le candélabre situé devant leur fenêtre. Il leur évitait d’allumer leur lumière. On ne va pas laisser l’éclairage pour les trois ou quatre personnes qui sortent la nuit. Elles peuvent se munir d’une lampe de poche ! »
Publié le 01/12/2009