Lu sur le blog de l'opposition à Sarreguemines : Hambrégie : Un petit dernier avant le 5 décembre ?

Publié le par ADPSE


Incontestablement, le projet de centrale aura fait couler beaucoup d’encre et de salive. Il est, à bien des égards, un modèle des genres. Il aura surtout permis, à mes yeux, de révéler à certains élus qui se croyaient tout permis qu’il y avait en Moselle-Est une sensibilité qui leur échappait : depuis le « une centrale à gaz ne pollue pas » jusqu’aux « médecins qui se la jouent », sans parler des sobriquets dont les opposants furent affublés, confirmation fut donnée – confère Pareto et Aron  ̶ qu’en dehors des périodes électorales les dits élus ne se soucient guère de … leurs électeurs. Ainsi que de la démocratie, laquelle, pour locale qu’elle soit, n’est est pas moins exigeante.

Devant l’ampleur prise par la fronde, « notre » député-maire a cru bon de mettre un peu de cassis dans son aligoté, c’est-à-dire un bémol à ses attaques. Ne savait-il vraiment pas que de la discussion et de la contradiction naissent parfois la raison ou, à tout le moins, la décrispation ?  Que n’est-il, dès lors, allé au bout de sa découverte en convoquant un conseil municipal sur le sujet dans sa propre commune ! Il aurait également montré par là qu’il considérait les membres de ce conseil comme des citoyens à part entière, après avoir déclaré au Républicain Lorrain sa volonté de « discuter avec n’importe quel citoyen ». À chacun, donc, de juger de sa sincérité.

Il a voulu également transformer les opposants à la centrale en fondamentalistes de l’écologie – ceux qui, à les écouter, nous feraient retourner dans les cavernes, sans que l’on soit sûr qu’ils soient disposés à y aller eux-mêmes. Il y a mis une telle constance et une telle hargne que d’aucuns ont fini par penser qu’il faisait partie, de son côté, des orthodoxes de la pensée contraire ! Ce sera-t-il rendu compte, à travers toutes ces péripéties, qu’il n’a pas, face à lui omniscient, que des irresponsables ? Ses dernières déclarations pourraient le laisser penser, mais l’avenir nous permettra de juger de sa sincérité.

Ne reculant devant aucun sacrifice, il s’est érigé en martyre de sa cause. Il a voulu « faire triompher la vérité » tout en se glorifiant d’avoir « raison avant tout le monde ». D’abord, chronologiquement, c’est « après » tout le monde car il y a belle lurette que l’homme a commencé à piller les ressources de la planète sur laquelle il vit, avant de détruire son environnement. Ensuite, il a quand même pris des risques. C’est en effet « sa » vérité qu’il voulait faire triompher : l’histoire humaine est emplie de ces illusionnistes qui ont voulu imposer cette vérité-là, et le résultat est affligeant ; que « la » vérité ne se laisse peut-être pas aussi facilement manipuler : dans l’état où nous avons mis notre planète, « sa » vérité est assez étonnante. De fait, plus modestement, ce ne sont pas deux vérités qui s’affrontent, mais deux logiques, l’une conservatrice et qui a fait ses preuves destructrices, l’autre observatrice qui essaie, difficilement si l’on en juge par le regain de vigueur que semblent retrouver les productivistes actuellement, de tirer les leçons des dégâts occasionnés par l’homme à son milieu.

Tous les arguments lui étant bons, il a, soutenu par le président Roth, abondamment évoqué l’apport de la taxe professionnelle, qui va être supprimée sans que l’on sache encore précisément par quoi elle sera remplacée, ce qui provoque un sérieux débat parmi les élus, y compris de droite qui ont fini par se rendre compte que les promesses de compensation des gouvernements étaient soit des raffarinades, soit des sarkozynades ; le temps de reprendre son souffle, soutenu que « sa » centrale s’inscrivait dans le développement durable alors qu’elle utilise une matière première qui n’est pas durable (et qui pollue : collatéralement, quelle est « sa » position face au plan sarkozy de lutte contre la dissémination des particules – et non des poussières  ̶  ?) ; soigneusement évité d’inclure la taxe carbone dans le débat, laquelle va faire augmenter le prix du gaz donc celui de l’électricité produite à partir de ce gaz donc celui du prix payé par le consommateur … Quand on disait qu’il valait mieux installer des capteurs solaires !

N’hésitant pas à prendre tous les risques, il a enfin laissé entendre que le paysage ne serait pas altéré par la bâtisse et « ses annexes ». Ce qui semble montrer qu’il ne connaît pas le site, ou qu’il ne l’a jamais regardé, ou qu’il en a une piètre perception. Pourtant, si l’on prend le temps d’observer depuis certains promontoires, on se rend compte que ce n’est pas si mal que ça ; que même il y a là des ondoiements, une perspective jusqu’aux Vosges, qui sont plutôt reposants au regard. Prétendre que la centrale, bloc de béton avec ses tours et ses cheminées, même camouflés, n’auront pas d’incidence, relève de la supercherie.

En tout cas, il y en a qui, au presque dernier moment, se sont pris les pieds dans le tapis : c’est ceux qui ont invité M. de Ronay … lequel, en trois arguments, a « déconstruit » le projet Hambregie ! Une expérience qui servira de leçons aux autres : veiller à ne pas inviter « n’importe qui » à ses petites sauteries, fussent-elles très sérieuses … et responsables.

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