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Publié le par ADPSE


Centrale d'électricité en Moselle-Est
Projet à Hambach : la centrale vacille ?

Par Matthieu VILLEROY • Journaliste La Semaine • 26/01/2010 à 08h07

Le projet d’implantation d’une centrale Direct Energie à Hambach ? Un dossier qui divise et passionne la population. Dernier épisode en date, l’avis défavorable qui vient d’être rendu par le commissaire-enquêteur. C’est le préfet de Région qui sera le juge de paix.

Contretemps majeur ou enterrement ? Il est certain que le rapport rendu par le commissaire enquêteur a fait l'effet d'une bombe. Dans un mémoire de 237 pages, il rejette avec force le projet d'implantation d'une centrale combiné-gaz à Hambach, le long de l'A4. Et il ne mâche pas ses mots : « impacts significatifs sur la santé des populations riveraines dans les domaines de la pollution de l'eau et de l'air, ceci dans des conditions normales de fonctionnement. » Les mesures prises pour limiter les risques « ne permettent pas une sécurité optimale des populations alentour et du personnel exploitant. » Quant au bien-fondé de la future centrale, « son utilité telle qu'elle est décrite par Direct Energie dans le contexte électrique français ne se justifie pas. »

Dernière touche avec des propos particulièrement sévères sur «l'assertion» de Direct Energie qui se « targue à plusieurs reprises de l'autorisation donnée en juin dernier par le ministre de l'Ecologie d'exploiter la future centrale ». Rappel à l'ordre ultime du commissaire enquêteur qui souligne que dans le texte de l'arrêté figure un article qui stipule que « l'autorisation ne dispense pas son bénéficiaire d'obtenir les titres requis par d'autres législations. » En clair, ne pas vendre la peau de l'ours avant de l'avoir tué !

Se donner du temps

Une annonce qui a provoqué une réaction particulièrement virulente de la part des services de l'agglomération de Sarreguemines. Tant Roland Roth, son président, que Céleste Lett, député-maire de Sarreguemines, ont souvent vu rouge lorsqu'on parlait de leurs contradicteurs. Dans un communiqué, l'intercommunalité souligne que «le commissaire enquêteur n'est pas un expert. » « Il dépasse les fonctions qui sont les siennes. » « Le commissaire enquêteur semble privilégier l'intérêt particulier à l'intérêt général ». Et l'intercommunalité de faire un appel à l'avenir, « que voulons-nous ? La suppression de l'emploi ? Une image de refus industriel pour notre secteur ? Le désintérêt des investisseurs pour notre territoire ? »

La balle est désormais dans le camp de l'Etat et plus précisément dans celui du préfet de Région, Bernard Niquet. C’est lui qui donnera où non le feu vert, en prenant en compte l’avis consultatif du commissaire-enquêteur mais ceux des différents services concernés.

A la préfecture, mercredi 6 janvier, rien n’avait  été officialisé. On annonçait juste la tenue prochaine du Conseil départemental en charge de l’environnement et des risques sanitaires et technologies. Une volonté visible de se donner du temps dans ce dossier hyper sensible, alliant économie, environnement et politique.





Cet article est paru le 14 janvier 2010 dans l'hebdomadaire La Semaine n° 252.
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