L’ADPSE souhaite réagir suite au drame qui vient de se produire à Middletown...

Publié le par ADPSE

Madame, Monsieur,

L’ADPSE souhaite réagir suite au drame qui vient de se produire à Middletown :

 Une  terrible catastrophe est survenue, dimanche 7 février aux Etats-Unis : une explosion meurtrière, dans une centrale au gaz du Connecticut a probablement fait 5O victimes.

Dans son très grand malheur, cet incident nous ramène à la dure réalité des dangers industriels qui nous entourent, en France, dangers amenés à croître de manière exponentielle si les pouvoirs publics autorisent la construction, dans les années à venir, de plus de 20 centrales thermiques au gaz du même type que celui du Connecticut. Malgré toutes nos alertes, il semblerait que personne ne prenne conscience des dangers qui nous entourent et, nous ne pouvons que constater la volonté affichée des pouvoirs publics relative à l’implantation de ce genre de centrales un peu partout en France.

 En prenant l’exemple de notre région, la Lorraine, vous pourrez constater le nombre de centrales thermiques au gaz en projet : à Blénod-lès-Pont-à-Mousson (Poweo), à Saint-Avold (EON) et à Hambach, en Moselle (Direct-Energie).

 toxique.jpg3 poudrières autour de nous, cela fait beaucoup. D’autant que la  centrale de Saint-Avold est, en plus de sa dangerosité naturelle, construite sur un site industriel, à seulement 2km d’un complexe pétro-chimique ! Imaginez  un instant que survienne le même accident que celui de ce week-end, dans le Connecticut… Les conséquences seraient encore plus graves que celles inhérentes de la catastrophe d’A.Z.F.

 A Hambach, la demande d’autorisation d’exploitation de la centrale Hambrégie de 900 MW (par Direct-Energie) est en cours d’instruction. Bien que le commissaire enquêteur ait émis un avis défavorable au projet, ainsi que 8 communes (sur 11) environnantes, son développement suit son cours. Cinq manifestations citoyennes contre ce projet ont eu lieu à ce-jour,  rassemblant, à chaque fois, entre 1000 et 2000 personnes, et, malgré ces vives contestations, le permis de construire a été accordé (pas encore l’autorisation d’exploiter) et laisse apparaître, à notre sens, de nombreux dangers :

 - Stockage de produits chimiques près des chaudières de cette centrale

- Stockage bouteilles de gaz dans le bâtiment administratif à coté des douches pour le personnel

- Une des tranches de cette centrale de 892 MW va être construite sur environ 6 mètres de remblai

- Un Pipeline PRL 18" (457mm) passe non loin de cette centrale

- Des canalisations de gaz DN900 à 80 bars passent également non loin de cette centrale et qui doit être alimentée par le gaz.

-etc.

 Mais le plus surprenant dans ce dossier est la position d’une canalisation de gaz DN900 de 80 bars, qui passe autour des bâtiments de l’usine Smart (qui fabrique des véhicules dont les nouvelles voitures électriques), alors que plus d’un millier de personnes travaillent sur ce site. Comment cette caractéristique a-t-elle pu être validée ?

 Voici ce qu’il en ressort des études de risques faites pour les besoins de l’enquête publique :

« Les potentiels de dangers des installations de la centrale ont été analysés sur la base d'une analyse des risques (environnement et process), de la prise en compte des barrières passives existantes, des quantités mises en jeu et de l'estimation des niveaux de gravité des conséquences de leur libération.

Cette analyse a permis d'identifier sept scénarios critiques susceptibles de conduire à un accident majeur :

- explosion gaz du caisson acoustique contenant la turbine à gaz.

- explosion de la station de compression de gaz naturel

- explosion de gaz de combustion sur chaudière auxiliaire

- explosion d'un ciel gazeux au niveau du stockage F.O.D. (Fuel Oil Domestique)

- feu de cuvette sur le stockage de fioul domestique.

- perte de confinement du ballon tampon du compresseur gaz.

- incendie de fuite d'huile sous transformateur principal.

 Les cinq premiers sont considérés comme risques faibles ne devant pas faire l'objet d'une surveillance particulière. Les deux derniers scénarios ont eux une criticité résiduelle située dans la zone ALAROP (As Low as Reasonably Praticable) et doivent faire l'objet d'une surveillance particulière. »

question2.jpgOù parle-t-on d’éventuels percements accidentels de canalisations de gaz, d’un incident sur le poste de livraison de gaz pour cette centrale ? On voit bien que tous les facteurs de risques ne sont pas pris en comptes. On utilise des termes comme « effets à seuils ou déterministes », »effets à seuils probabilistes », etc. En somme on joue à la roulette russe.

 D’autres risques vont se greffer sur la prolifération de ces centrales. En effet, le déploiement de ces centrales va également poser un problème d’approvisionnement en gaz. Il faudra augmenter les capacités de stockage de gaz pour subvenir aux besoins de ces centrales et dimensionner les canalisations de gaz dans tout l’hexagone. Donc encore des dangers potentiels supplémentaires.

 On ne peut évidemment pas entièrement se passer de moyens de production d’électricité dite de pointe. Je rappellerai tout de même que ces centrales au gaz ne peuvent que répondre en semi-base et non en pointe comme certains exploitants veulent bien nous laisser croire, car il faudra déjà commander la veille la quantité de gaz qu’on aurait besoin pour le lendemain.

 Ces centrales remplacent, certes, des centrales au charbon plus polluantes, mais l’implantation de ce genre de centrales ne devrait se faire qu’au strict besoin de remplacement de ces centrales au charbon. Or actuellement nous dépassons déjà largement ce strict remplacement.

Il faut, bien sûr développer les énergies renouvelables (biomasse, photovoltaïque, éolien dans certains cas …) mais on peut également changer notre façon de fabriquer de l’énergie. Rien qu’en remplaçant nos chaudières à gaz par des chaudières de micro-cogénération (Voir : http://energie.lexpansion.com/energies-fossiles/pour-en-finir-avec-les-centrales-thermiques-la-micro-cogeneration-_a-31-2745.html) Nous pourrions déjà faire l’économie de 12 centrales thermiques.

 De plus le Grenelle de l’environnement préconise une réduction de 20% de notre consommation d’électricité à l’horizon 2020. Il n’y a aucune explication plausible permettant d’expliquer cette prolifération de centrales au gaz, si ce n’est d’enrichir les actionnaires de ces entreprises.

 Ces mêmes actionnaires veulent nous faire croire qu’il faut augmenter nos capacités de production d’électricité en pointe

 A ce jour, la capacité maximale de production française est de 117,66 Gw

63,3 Gw Nucléaire

25,4 Gw hydraulique

24,6 Gw Thermique

4,3 Gw Energies renouvelables

 En admettant une diminution de la consommation d’énergie primaire de 20% à l’horizon 2020 (donc compatible au grenelle de l’environnement).

 D'ici 2020 la production d'électricité devrait être de 439 Twh au lieu de 549 Twh actuellement. Ceci donne une production journalière annuelle de 50,1 Gw. Soit une diminution de 12,7 Gw par rapport à 2008.

 

Les énergies renouvelables devront représenter 20% de la production totale d'électricité. Le nucléaire passera à 65 Gw (avec l’E.P.R.), nous devrions diminuer le thermique à 15 Gw. pour arriver à 80 Gw (soit 80% de la production). Il reste donc 20 Gw pour les énergies renouvelables (20% de l’énergie primaire). Nous aurions donc une capacité de production, rien qu’avec le nucléaire, de 65 Gw en moyenne, ce qui est supérieur aux 50,1 Gw nécessaires. Il faut y ajouter les 6 Gw de production hydraulique, ce qui donne 71 Gw de production de base. Le thermique, en pointe pourra apporter 15 Gw et l’hydraulique en pointe pourra également ajouter 19 Gw. Rien qu’avec cela, nous aurions une production, en pointe, de 105 Gw.

 Et vous aurez remarqué que nous n’avons pas utilisé toute l’énergie renouvelable. Il reste encore 14 Gw de renouvelables. Soit une production en pointe de 119 Gw. Ce qui est plus que nécessaire dans ce cas.

 Donc nulle besoin de laisser proliférer ces centrales aux gaz ainsi que les dangers réels qui les entourent.

Même si les services d’Etat parlent de « risques maîtrisés », la réalité est tout autre !

 l ' ADPSEnoncentrale.jpg

 

 

Publié dans Les actions

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weber 10/02/2010 00:05


ceci afin de rectifier une erreur: A blénod les Toul il s'agit d'EDF qui construit actuellement une unité C.C.G. Powéo a toute les autorisations mais recherche des financements (en particulier à la
B.E.I.)pour un projet de 420 MW électrique à TOUL