DNA du 6 juin 2010 : Contre le projet de centrale électrique à Hambach

Publié le par ADPSE

HAMBACH / Contre le projet de centrale électrique à Hambach



700 manifestants ont bloqué l’autoroute



Après plusieurs marches pacifiques, les opposants au projet de centrale électrique à Hambach ont durci leur mouvement. Vendredi, en fin d’après-midi, ils ont bloqué l’autoroute durant quarante-cinq minutes. Un coup de force qui a prouvé leur détermination.


Environ 700 personnes se sont retrouvées en fin d’après-midi au rond-point de l’autoroute A4, à Hambach, pour exprimer leur opposition au projet de Direct Energie. « Je me bats pour mes enfants, faire entendre notre voix et afin que le préfet en tienne compte » a lancé Marie-Christine de Hambach. « C’est une ineptie énergétique, où est le développement durable ? » s’est interrogé Pascal de Spicheren.

Au départ l’ADPSE (association de défense contre la pollution de Sarreguemines et environs) avait prévu un barbecue géant avec musique et distribution de tracts aux automobilistes. Plusieurs intervenants ont pris la parole ; notamment la porte-parole de l’association, Isabelle Hoellinger, qui est revenue sur l’avis favorable émis par le Coderst (comité départemental de l’environnement et des risque sanitaires et technologiques). « C’était prévisible, mais n’ayons pas peur, ce ne sont que des représentants des organismes publics. Nous avons été invités à participer à cette réunion et ça, c’est une première » a-t-elle souligné avant de conclure : « Le préfet doit tenir compte de l’avis du commissaire-enquêteur, des communes concernées et de celui de la population ».


65% des cancers sont d’origine environnementale


Pour Jean-Louis Dal Ferro, le Coderst est « une mascarade ». Et de citer les statistiques confirmées par le professeur Belpomme, éminent cancérologue. « 65% des cancers sont d’origine environnementale. » Représentant les Verts au Landtag sarrois, le député Markus Schmitt a également exprimé son opposition au projet. « Surdimensionnées, dépassées : ces centrales ne sont plus réalisées en Allemagne. »

Ensuite a été lu un courrier de Jean-Pierre Masseret, président de la Région Lorraine, qui demande au préfet d’émettre un avis défavorable. « La Région Lorraine est la première région de France émettrice de CO2 et les efforts que nous allons devoir faire, dans le cadre du plan air-climat-énergie, sont considérables, voire hors de portée de nos compétences respectives. Je ne comprendrais pas qu’une autorisation de votre part vienne confirmer le projet de la centrale Hambrégie ».

Au départ, les manifestants avaient prévu de marcher en direction du rond-point de Woustviller. Finalement, ils se sont ravisés et ont décidé de s’engager sur la bretelle d’accès à l’autoroute ; malgré l’avertissement des forces de l’ordre.


Déterminés


Les tracteurs ont alors bloqué l’accès au péage. Le cortège s’est avancé sur la bretelle d’accès à 18h45. Les gendarmes ont tenté de dissuader la foule de s’engager sur l’autoroute. En vain. Ils ne sont pas parvenus à contenir les manifestants déterminés qui ont d’abord envahi la bande d’arrêt d’urgence, une voie, puis l’autre. Le trafic a pu être ralenti à temps. « Jusqu’alors, nous avons été trop gentils. Il est temps de marquer le coup, de mener des actions plus musclées, » estime Etienne.

Au bout d’un quart d’heure, Michel Kuffler et les membres de l’ADPSE ont demandé aux manifestants de quitter l’autoroute. Une centaine d’irréductibles s’est décidée à rester. Les automobilistes ont pris leur mal en patience, mais la file de voitures stoppées était longue. A 19h30, cinq fourgons de la gendarmerie mobile ont fait leur apparition. Vers 20h, après bien des pourparlers, les derniers ont accepté de rejoindre le giratoire, à contrecœur. La manifestation s’est achevée dans le calme vers 22h.

M-Th.D.

 

 

 

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